Écologie & Énergie

Le DPE se déroule en 3 étapes, de la visite à la remise du rapport

Solène d'Aramitz 7 min de lecture
Comment se passe un DPE : diagnostiqueur en visite avec matériel DPE

Publié par : — Rédactrice spécialisée en écologie & Énergie

Relu, corrigé et validé par : Laurent Morin — Rédacteur en chef

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Un diagnostic de performance énergétique se déroule en trois temps : la visite du logement, le calcul réglementaire, puis la remise d’un rapport détaillé. Le diagnostiqueur observe le bâti et les équipements pour attribuer une étiquette énergie et une étiquette climat, de A à G. Il ne se limite donc pas à relever un compteur ou à consulter les factures.

Avant la visite : préparer les informations utiles au diagnostiqueur

Le DPE doit être réalisé par un diagnostiqueur immobilier certifié et assuré. Avant son intervention, réunissez les documents qui décrivent précisément le logement. Plus les informations sont accessibles et vérifiables, plus l’évaluation tient compte des travaux et des installations réellement réalisés.

Quiz : Comprendre le déroulement d’un DPE

Les documents qui peuvent faire la différence

Préparez, si vous les possédez, les factures de travaux d’isolation, les notices ou factures de la chaudière, de la pompe à chaleur, du chauffe-eau, de la ventilation et des panneaux solaires. Les plans du bien, le règlement de copropriété ou les informations sur le chauffage collectif peuvent aussi être demandés pour un appartement.

Les factures d’énergie ne suffisent pas pour calculer le DPE. Elles dépendent des habitudes des occupants : température de chauffage, durée des absences, nombre de personnes dans le foyer ou usage de l’eau chaude. Le calcul repose d’abord sur les caractéristiques physiques du logement et sur une méthode standardisée.

Rendre les équipements accessibles

Le jour du rendez-vous, le diagnostiqueur doit pouvoir accéder aux combles, au sous-sol, au garage, aux fenêtres, au système de chauffage et, lorsque cela est possible, aux éléments de ventilation. Un local technique fermé ou une trappe de combles inaccessible peut limiter les constats. Si vous êtes locataire, prévenez le propriétaire ou l’agence pour obtenir les informations relatives aux équipements collectifs.

La visite du logement : ce que le DPE examine réellement

La visite est la phase concrète du diagnostic. Le professionnel relève les données nécessaires au calcul, prend des mesures et vérifie les éléments visibles. Sa durée varie selon la surface, le type de bien, le nombre d’équipements et la complexité de l’habitation.

Comprendre les nouvelles étiquettes du DPE pour les petits logements — Consultez la référence officielle sur l’adaptation, depuis le 1er juillet 2024, des seuils du DPE pour les logements de 40 m² ou moins.

L’enveloppe thermique et l’exposition du bien

Le diagnostiqueur étudie les murs, le plancher bas, la toiture ou les combles, les fenêtres, les portes et les éventuels signes d’isolation. Il relève notamment les matériaux, l’épaisseur d’isolant lorsqu’elle est connue, le type de vitrage et la surface des parois en contact avec l’extérieur ou avec des locaux non chauffés.

La position du logement compte aussi. Un appartement situé au milieu d’une colonne d’immeuble n’a pas la même exposition thermique qu’un logement placé sous toiture, en pignon ou au-dessus d’un parking. Les murs mitoyens avec des espaces chauffés jouent le rôle de parois tampon. Les façades exposées au vent, les plafonds sous combles et les planchers sur vide sanitaire sont souvent des zones de déperdition prioritaires. Cette lecture explique pourquoi deux appartements de même surface peuvent recevoir des étiquettes différentes.

Chauffage, eau chaude et renouvellement de l’air

Le DPE prend en compte le mode de chauffage, l’énergie utilisée, l’ancienneté et le rendement théorique des appareils, ainsi que leur système de régulation. Radiateurs électriques, chaudière gaz, poêle à bois, pompe à chaleur ou chauffage collectif n’obtiennent pas les mêmes résultats dans le calcul.

L’eau chaude sanitaire est également intégrée : ballon électrique, chaudière, chauffe-eau thermodynamique ou installation collective. Enfin, le diagnostiqueur observe la ventilation, qu’elle soit naturelle, mécanique simple flux ou double flux. Une ventilation adaptée limite l’humidité et améliore le renouvellement de l’air, sans provoquer de pertes de chaleur excessives.

Du relevé au calcul : comment sont obtenues les étiquettes A à G

Après la visite, le diagnostiqueur saisit les informations dans un logiciel qui applique la méthode réglementaire. Le résultat ne correspond pas à la consommation exacte des anciens occupants. Il estime la performance du logement selon des conditions d’usage conventionnelles.

Deux résultats déterminent la classe finale

Le rapport présente une étiquette énergie, liée à la consommation d’énergie primaire, et une étiquette climat, liée aux émissions de gaz à effet de serre. Depuis la réforme du DPE, la classe affichée correspond à la moins bonne des deux notes. Un logement performant sur la consommation, mais très émetteur de carbone, ne peut donc pas obtenir une meilleure classe que son étiquette climat.

Élément analysé Influence sur le résultat
Isolation des murs, du toit et des planchers Réduit ou augmente les besoins de chauffage
Fenêtres et étanchéité à l’air Agit sur les déperditions et le confort près des ouvertures
Système de chauffage Influe sur la consommation et les émissions
Eau chaude sanitaire Participe aux besoins énergétiques annuels
Ventilation et climatisation Modifie les consommations et la qualité du renouvellement d’air

Les recommandations ne sont pas des obligations immédiates

Le rapport contient des recommandations d’amélioration, souvent classées par ordre de pertinence : isoler la toiture, remplacer des menuiseries peu performantes, moderniser le chauffage ou installer une régulation. Ces préconisations aident à construire un parcours de rénovation cohérent. Elles ne valent pas devis et ne remplacent pas l’avis d’un artisan ou d’un bureau d’études.

Pour interpréter ces conseils, évitez de regarder un seul poste. Changer une chaudière dans un logement très mal isolé peut améliorer certains indicateurs sans supprimer la sensation de parois froides. À l’inverse, isoler sans traiter correctement la ventilation peut créer des problèmes de condensation. Le DPE donne donc une première vision d’ensemble avant d’engager des travaux.

Après le DPE : recevoir, vérifier et utiliser le rapport

Une fois le calcul finalisé, le diagnostiqueur remet un rapport comportant les étiquettes, les caractéristiques relevées, les estimations de coûts énergétiques et les recommandations. Le document est enregistré dans la base de l’Ademe et comporte un numéro qui permet de l’identifier.

Les points à contrôler avant une vente ou une location

Relisez les informations descriptives : adresse, surface, type de logement, année de construction, énergie de chauffage, présence d’une ventilation et nature des vitrages. Une erreur sur un équipement ou sur une surface peut avoir des conséquences sur le résultat. Si une donnée importante semble inexacte, contactez rapidement le diagnostiqueur avec les justificatifs disponibles.

Le DPE est valable dix ans, sous réserve des règles particulières applicables aux diagnostics établis avant la réforme. En cas de travaux significatifs, il peut être pertinent d’en faire réaliser un nouveau, même si l’ancien est encore valide. Une meilleure étiquette peut valoriser le bien et donner une image plus fidèle de sa performance actuelle.

Bien vivre le rendez-vous de diagnostic

Le propriétaire n’a pas besoin de préparer une expertise technique. Il gagne toutefois à accompagner le diagnostiqueur, à signaler les travaux effectués et à répondre précisément aux questions. Les informations non vérifiables peuvent être moins favorables dans l’évaluation que des équipements documentés.

  • Rassemblez les factures et certificats de travaux avant le rendez-vous.
  • Ouvrez l’accès aux combles, caves, placards techniques et chaufferies.
  • Indiquez les rénovations réalisées, même si elles semblent mineures.
  • Vérifiez le rapport dès sa réception, avant de diffuser une annonce immobilière.
  • Conservez le DPE avec les autres diagnostics obligatoires du logement.

Un DPE bien préparé ne garantit pas une étiquette élevée, mais il limite les approximations et rend le rapport plus exploitable. Pour vendre, louer ou planifier une rénovation, il devient un outil de décision plutôt qu’une simple formalité administrative.

Solène d'Aramitz
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