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Un locataire peut-il demander un DPE en cours de bail ? Copie, validité et recours

Solène d'Aramitz 8 min de lecture
Un locataire peut-il demander un dpe en cours de bail ? copie et recours DPE reçus

Publié par : — Rédactrice spécialisée en immobilier

Relu, corrigé et validé par : Laurent Morin — Rédacteur en chef

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Oui, un locataire peut demander à consulter ou à obtenir le diagnostic de performance énergétique de son logement pendant le bail. En revanche, le propriétaire n’est pas systématiquement tenu d’en faire réaliser un nouveau à la seule demande du locataire. Tout dépend de la situation : document absent à la signature, diagnostic devenu invalide, informations manifestement erronées ou logement concerné par les restrictions de location liées à sa consommation d’énergie.

Le DPE doit normalement être remis avec le bail

Le DPE fait partie du dossier de diagnostic technique annexé au contrat de location. Il concerne les locations vides comme les locations meublées utilisées en résidence principale. Son objectif est d’informer le futur occupant sur la consommation théorique d’énergie du logement, ses émissions de gaz à effet de serre et les améliorations éventuellement recommandées.

Testez vos connaissances sur le DPE en cours de bail

Lorsqu’un bail est déjà signé, le locataire peut légitimement demander une copie du DPE au bailleur ou à l’agence immobilière. Cette demande est particulièrement pertinente s’il n’a jamais reçu le document, s’il ne le retrouve plus ou si les dépenses de chauffage semblent très éloignées de la classe énergétique annoncée.

Le propriétaire ne peut pas considérer le DPE comme un simple document commercial sans importance après l’entrée dans les lieux. Depuis le 1er juillet 2021, le diagnostic est opposable : les informations qu’il contient peuvent engager la responsabilité du bailleur lorsqu’elles ont causé un préjudice au locataire.

Demander une copie n’est pas la même chose qu’exiger un nouveau diagnostic

Un locataire peut demander la communication du DPE existant à tout moment. Le bailleur doit alors pouvoir fournir le document qui aurait dû être annexé au bail. En pratique, une demande écrite, par courriel ou par lettre recommandée avec accusé de réception en cas d’absence de réponse, permet de conserver une preuve des échanges.

Exiger la réalisation d’un nouveau DPE est plus délicat. Si le diagnostic est encore valable et qu’aucun élément sérieux ne remet en cause son contenu, le propriétaire n’a pas forcément l’obligation de le refaire en cours de bail. En revanche, un nouveau diagnostic devient nécessaire lorsqu’il est expiré, juridiquement inutilisable ou lorsque le logement a fait l’objet de travaux susceptibles de modifier fortement sa performance énergétique.

Vérifier la validité du DPE avant toute démarche

La première étape consiste à examiner la date d’établissement du document. Un DPE réalisé depuis le 1er juillet 2021 est en principe valable dix ans, sauf si des changements importants dans le logement justifient une actualisation des données. Les diagnostics plus anciens ont connu des règles transitoires avec des durées de validité plus courtes.

DPE : validité et interdiction de louer les logements classés G — Consultez les règles officielles sur la validité du DPE et l’interdiction de louer les logements classés G depuis le 1er janvier 2025.

Date de réalisation du DPE Durée de validité applicable
Entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2017 Valable jusqu’au 31 décembre 2022
Entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 Valable jusqu’au 31 décembre 2024
À partir du 1er juillet 2021 Valable dix ans en principe

Un DPE établi en 2018, 2019, 2020 ou durant le premier semestre 2021 ne peut donc plus servir de référence pour une nouvelle mise en location. Pour un bail en cours, son existence peut expliquer les conditions annoncées à l’entrée du locataire, mais il ne fournit plus une information actualisée et utilisable pour la suite.

Les travaux peuvent rendre le diagnostic peu représentatif

Un logement peut avoir changé sans que le DPE ait été mis à jour : remplacement de fenêtres, isolation des combles, installation d’une pompe à chaleur, changement du système de production d’eau chaude ou, à l’inverse, dégradation d’un équipement collectif. Dans ce cas, le locataire peut demander au bailleur si un DPE plus récent a été réalisé.

Un nouveau diagnostic n’est pas toujours imposé immédiatement après chaque intervention. Il devient toutefois utile avant un renouvellement de bail, une relocation ou un projet de vente. Il peut aussi aider le propriétaire à mesurer l’effet réel des travaux réalisés dans le logement.

Quand l’absence ou l’erreur du DPE devient un vrai problème

L’absence de DPE au moment de la signature ne donne pas automatiquement au locataire le droit d’arrêter de payer son loyer. En revanche, elle le prive d’une information obligatoire qui a pu influencer son choix de logement et son budget. La situation mérite donc d’être régularisée rapidement.

Une classe énergétique erronée peut également avoir des conséquences concrètes. Un logement présenté comme correctement isolé, mais qui exige un chauffage intensif pour rester habitable, peut générer des factures bien supérieures aux prévisions. Le locataire doit alors réunir des éléments objectifs : copie du DPE, état des lieux, relevés de température, factures d’énergie, photographies de moisissures ou de condensation, échanges avec le bailleur et éventuels rapports d’artisans.

Ne pas confondre DPE et diagnostic de décence

Le DPE évalue une performance conventionnelle. Il ne suffit pas, à lui seul, à démontrer qu’un logement est indécent ou inhabitable. Une sensation de froid peut aussi provenir d’infiltrations d’air, d’une ventilation défaillante, d’un chauffage mal entretenu, d’un problème d’humidité ou d’un défaut sur les parties communes d’un immeuble.

Dans un logement humide, l’air chaud chargé de vapeur se dirige vers les parois les plus froides, notamment près des ponts thermiques, puis condense sur les murs ou autour des fenêtres. Ce phénomène peut accroître l’inconfort sans apparaître clairement sur une facture. Repérer les zones touchées après une douche, une cuisson ou une nuit froide aide le locataire à décrire précisément le problème et à distinguer un défaut du bâtiment d’une simple variation de consommation.

Les restrictions de location renforcent l’intérêt du DPE

La classe du DPE a désormais des effets directs sur la possibilité de louer certains logements. En France métropolitaine, les logements dont la consommation d’énergie finale dépasse 450 kWh par mètre carré et par an ne peuvent plus être proposés à la location dans le cadre d’un nouveau bail. Les logements classés G sont progressivement concernés par une interdiction de location depuis 2025, puis les logements classés F à partir de 2028 et E à partir de 2034.

Ces règles visent principalement les nouvelles locations, les renouvellements et les reconductions de bail selon les situations. Pour un locataire déjà en place, elles ne signifient pas qu’il doit quitter immédiatement le logement. Elles peuvent néanmoins jouer un rôle si le bail doit être renouvelé, si le propriétaire souhaite augmenter le loyer ou si des travaux de rénovation deviennent nécessaires.

Le DPE permet aussi de vérifier le gel de loyer applicable à certains logements très énergivores. Lorsqu’un logement est classé F ou G, le bailleur peut être limité dans ses possibilités d’augmentation de loyer. Demander le diagnostic en cours de bail peut donc aider le locataire à comprendre si une révision ou une hausse proposée respecte les règles applicables.

Quelle démarche suivre face au propriétaire ou à l’agence ?

Il est préférable de commencer par une demande simple et factuelle. Le locataire peut solliciter une copie du DPE, sa date de réalisation, son numéro d’identification et, si nécessaire, les éventuels diagnostics établis après des travaux. Il est inutile d’accuser immédiatement le bailleur d’avoir commis une faute. L’objectif initial est d’obtenir une information claire et vérifiable.

  1. Relire le bail et les annexes pour vérifier si le DPE était joint à la signature.
  2. Demander par écrit une copie du diagnostic ou une explication sur son absence.
  3. Contrôler la date de validité et la cohérence entre le DPE, les équipements installés et les caractéristiques du logement.
  4. Signaler séparément les désordres constatés : froid, humidité, moisissures, panne de chauffage ou surconsommation.
  5. En l’absence de réponse, envoyer une lettre recommandée en fixant un délai raisonnable.

Les interlocuteurs utiles en cas de blocage

Si le dialogue échoue, le locataire peut se rapprocher de l’Agence départementale d’information sur le logement, souvent appelée ADIL, afin d’obtenir une information juridique adaptée à son bail. La commission départementale de conciliation peut aussi être saisie pour certains litiges locatifs, notamment lorsqu’un accord amiable reste possible.

En cas de logement potentiellement non décent, de problème de santé lié à l’humidité ou de désaccord persistant sur l’état du bien, le locataire peut demander conseil à la mairie, au service communal d’hygiène et de santé lorsqu’il existe, ou à un professionnel compétent. Une action devant le juge peut permettre de demander la communication de documents, la réalisation de travaux, une diminution de loyer ou une indemnisation, selon les circonstances et les preuves réunies.

Ce qu’il faut retenir pour un bail en cours

Un locataire a le droit de demander le DPE de son logement pendant toute la durée du bail. Si le document était absent lors de la signature ou s’il est devenu caduc, le propriétaire doit pouvoir expliquer la situation et, dans de nombreux cas, la régulariser avant une nouvelle étape locative. En revanche, la demande d’un DPE neuf n’entraîne pas automatiquement une obligation immédiate lorsque le diagnostic existant reste valable.

La démarche est d’autant plus utile lorsque les charges de chauffage sont élevées, que le logement présente des signes d’humidité, qu’une augmentation de loyer est annoncée ou que sa classe énergétique peut avoir des conséquences sur la location. Une demande écrite, précise et documentée reste le meilleur point de départ pour défendre ses droits sans laisser le litige s’installer.

Solène d'Aramitz
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