Écologie & Énergie

Faut-il fermer les radiateurs des pièces inoccupées pour économiser sans créer d’humidité ?

Solène d'Aramitz 7 min de lecture
Fermer les radiateurs des pièces inoccupées : radiateur éteint et température 16-17°C

Publié par : — Rédactrice spécialisée en écologie & Énergie

En hiver, couper totalement le chauffage d’une pièce inoccupée n’est généralement pas le meilleur choix lorsqu’elle reste intégrée au logement. Il vaut mieux réduire la température, souvent autour de 16 à 17 °C, puis fermer la porte. Ce réglage limite les dépenses tout en évitant de créer une zone froide favorable à la condensation, aux moisissures ou au refroidissement des pièces voisines.

Fermer un radiateur ou baisser le chauffage : une différence essentielle

Dans le langage courant, « fermer le radiateur » peut désigner deux actions différentes : tourner le robinet thermostatique au minimum ou arrêter complètement le chauffage. Ces réglages n’ont pas le même effet. Une coupure totale supprime l’apport de chaleur dans la pièce, tandis qu’une température minimale maintient un niveau de protection contre le froid.

Température de chauffage : les habitudes et leviers d’économie — Découvrez les perceptions des Français sur le chauffage, les économies possibles et les ressources ADEME pour mieux gérer la température du logement.

Pour une chambre d’amis, un bureau peu utilisé ou une pièce de rangement située dans le logement, la baisse de température est habituellement préférable à l’extinction. Une pièce très froide reçoit une partie de la chaleur des espaces voisins par les cloisons, le sol, le plafond et les ouvertures. Les radiateurs des pièces occupées doivent alors compenser cet écart, ce qui peut réduire l’économie attendue.

Réglage Usage adapté Point de vigilance
Extinction complète Espaces non isolés ou largement ouverts sur l’extérieur, comme certains garages, caves ou combles À éviter pour une pièce habitable reliée au logement en plein hiver
Température réduite Pièce inoccupée, absence en journée, nuit ou week-end Fermer la porte et surveiller l’humidité si la pièce est fragile
Mode hors gel Vacances prolongées, maison secondaire ou logement vide Il protège contre le gel sans assurer un véritable confort thermique

Choisir la bonne température selon la pièce et son usage

La température adaptée dépend de l’occupation, de l’isolation, de l’exposition au nord et de la présence de canalisations. Les valeurs ci-dessous servent de repères. Elles doivent être ajustées dans un logement ancien, humide ou situé dans une zone très froide.

Type de pièce Repère de température Réglage conseillé lorsqu’elle est peu utilisée
Salon, séjour, salle à manger 19 °C 16 à 17 °C pendant une absence quotidienne
Chambre d’amis ou bureau Selon l’usage 16 à 17 °C
Couloir ou entrée reliée aux pièces chauffées 14 à 16 °C Maintien modéré plutôt que coupure
Salle de bain 22 °C ponctuellement au moment de la douche Réduire hors utilisation, sans laisser la pièce durablement froide et humide
Pièce secondaire la nuit ou pendant un week-end 15 °C Température de maintien

Une pièce froide n’est pas forcément une pièce économe

Les pièces d’un logement échangent continuellement de la chaleur. Lorsqu’une chambre devient un îlot froid, l’air chaud des couloirs et des pièces voisines s’y dirige, tandis que ses parois refroidies absorbent de l’énergie. Plus l’écart de température est important, plus les échanges thermiques sont marqués.

Une porte fermée, un joint en bon état et un léger chauffage de maintien peuvent alors être plus efficaces qu’un radiateur arrêté sans autre précaution. Cette situation concerne surtout les pièces qui communiquent directement avec des espaces occupés. Un garage ou une cave largement ouverts sur l’extérieur répondent à une autre logique.

Éviter condensation, moisissures et gel des canalisations

Le risque d’une coupure complète ne se limite pas à l’inconfort au retour. L’air intérieur contient de la vapeur d’eau produite par la cuisine, les douches, le séchage du linge et la respiration. Au contact d’un mur ou d’une fenêtre très froide, cette vapeur peut atteindre son point de rosée et se transformer en condensation. Si le phénomène se répète, l’humidité s’installe avec des traces noires, des odeurs et une dégradation progressive des revêtements.

Une température inférieure à 12 °C augmente fortement le risque d’humidité, selon Charente Libre. Cette indication doit être replacée dans le contexte du logement. Une pièce exposée au nord, peu ventilée ou touchée par un pont thermique demande davantage de vigilance. Aérez brièvement mais efficacement, ne bouchez pas les entrées d’air prévues et évitez qu’un meuble soit placé durablement contre une paroi froide.

Les pièces où passent des tuyaux demandent une attention particulière

Une buanderie, un cellier, une salle d’eau, une cuisine secondaire ou une chambre inoccupée peuvent abriter des canalisations. En période de gel, une extinction prolongée augmente le risque de tuyau gelé, puis de fuite au moment du dégel. Le mode hors gel, généralement situé entre 8 et 12 °C selon MesDépanneurs.fr, convient mieux à une absence longue.

Dans une maison exposée au froid ou peu isolée, vérifiez aussi les réseaux installés près des murs extérieurs, dans un vide sanitaire ou dans une dépendance. Une température de protection ne remplace pas l’examen des zones particulièrement vulnérables.

Régler le chauffage selon la durée de l’absence

La durée d’inoccupation aide à choisir le bon réglage. Une chambre d’amis ne se gère pas comme une maison secondaire fermée pendant plusieurs semaines. Le type de logement, son isolation et son inertie thermique comptent également.

  • La nuit : réduisez le chauffage des pièces de vie et maintenez les pièces secondaires autour de 15 °C lorsqu’elles communiquent avec le reste du logement.
  • Une journée de travail : réglez les pièces peu utilisées sur 16 ou 17 °C. Une programmation peut relancer le chauffage avant le retour. 17 h 30 est un exemple d’horaire à adapter à votre rythme et à l’inertie du bâtiment.
  • Un week-end d’absence : conservez une température autour de 15 °C pour limiter le refroidissement excessif, en particulier dans un logement ancien.
  • Des vacances ou une maison secondaire : activez le mode hors gel, fermez les volets et contrôlez la protection des canalisations.
  • En été : l’arrêt des radiateurs ne pose généralement pas le même problème, sauf si l’humidité est déjà présente dans un local.

Dans un logement très bien isolé, l’inertie permet souvent de réduire davantage la température sans chute rapide. À l’inverse, une maison ancienne aux murs froids réclame un maintien plus prudent. Le réglage se vérifie avec un thermomètre et, si nécessaire, un appareil mesurant l’hygrométrie dans les zones sensibles.

Réduire la facture sans dérégler tout le logement

La baisse de température est un levier efficace lorsqu’elle est pilotée pièce par pièce. SeLoger, citant l’Ademe, indique qu’une réduction de 1 °C du thermostat est associée à une économie d’environ 7 %. Il est donc plus pertinent de modérer les pièces peu occupées que de chauffer uniformément toutes les zones ou de créer des écarts très importants.

Cette approche évite aussi de solliciter fortement le chauffage au moment de remettre le logement en température. La meilleure économie dépend toutefois du bâti, de l’isolation, du système installé et de la durée d’absence.

Associer régulation et gestes simples

Un thermostat programmable ou connecté permet de prévoir les plages de confort, d’économie et d’absence sans modifier manuellement chaque radiateur. Avec un chauffage central, les robinets thermostatiques facilitent la régulation pièce par pièce, mais ils ne remplacent pas le thermostat principal. En chauffage collectif, la marge de manœuvre dépend de l’installation : utilisez les robinets sans intervenir sur les équipements communs.

  • Fermez les portes des pièces peu utilisées pour limiter les échanges d’air.
  • Abaissez les volets et tirez les rideaux la nuit, sans couvrir les radiateurs.
  • Installez un boudin de porte si un espace important laisse passer l’air froid.
  • Évitez de placer un canapé ou un rideau épais devant un émetteur de chaleur.
  • Faites entretenir la chaudière ou le système de chauffage et purgez les radiateurs à eau si nécessaire.

Enfin, ne confondez pas économie de chauffage et absence de ventilation. Un logement doit rester ventilé, même lorsque la température est réduite. L’association d’une température de maintien, d’un renouvellement d’air adapté et d’une bonne isolation protège le logement tout en limitant la facture.

Solène d'Aramitz
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