Peut-on mettre 2 abris de jardin de 5 m² ? cadre légal et solutions

Vous vous demandez si vous avez le droit d’installer deux abris de jardin de 5 m² sans formalités ? La réponse dépend moins du nombre d’abris que de leur surface, de leur implantation et du règlement d’urbanisme de votre commune. En pratique, même si chaque construction fait moins de 5 m², c’est souvent la surface totale qui compte aux yeux de l’administration. Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de votre ville peut imposer des limites strictes sur le nombre d’annexes ou leur disposition. Voyons ensemble ce qui est autorisé, quand une déclaration préalable devient nécessaire, et comment éviter les problèmes avec la mairie.

Réglementation générale sur les abris de jardin de 5 m²

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Avant de multiplier les petits abris de jardin, il est essentiel de comprendre comment la loi calcule la surface et à partir de quand les démarches administratives deviennent obligatoires. Un abri isolé de 5 m² est généralement dispensé de formalités, mais la situation change rapidement lorsque vous en installez deux. L’administration regarde avant tout la surface totale créée sur votre parcelle, et non pas chaque construction prise séparément.

Comment la loi compte-t-elle la surface de deux abris de jardin juxtaposés ?

L’erreur fréquente consiste à croire que deux abris de 5 m² restent deux constructions distinctes. En réalité, si vos abris sont accolés ou très proches l’un de l’autre, l’administration peut les considérer comme un seul volume de 10 m². Cette distinction n’est pas anodine : elle vous fait passer d’une dispense de formalités à l’obligation de déposer une déclaration préalable de travaux. La distance entre les deux constructions joue donc un rôle déterminant. Un espacement d’au moins 3 mètres renforce généralement l’argument de deux abris indépendants, mais cette distance n’est pas une garantie absolue.

Configuration Surface prise en compte Formalité
1 abri de 5 m² 5 m² Généralement dispensé
2 abris accolés de 5 m² 10 m² Déclaration préalable
2 abris séparés de 5 m² Variable selon PLU À vérifier en mairie

Faut-il une autorisation d’urbanisme pour deux abris de jardin de 5 m² ?

La majorité des communes additionnent les surfaces de toutes les constructions annexes pour déterminer si un seuil réglementaire est franchi. Le Code de l’urbanisme fixe des paliers à 5 m² et 20 m² de surface de plancher. Entre 5 m² et 20 m², une déclaration préalable est nécessaire. Au-delà de 20 m², il faut un permis de construire. Si vous installez deux abris de 5 m² et que le PLU les compte ensemble, vous atteignez 10 m² et devez donc déposer une déclaration préalable. Cette démarche prend généralement un mois, et l’absence de réponse vaut acceptation tacite. Ne pas la faire peut entraîner une régularisation forcée ou une amende.

Limitations générales : hauteur, surface taxable et contraintes de PLU

La surface n’est pas le seul critère de vigilance. La hauteur de vos abris joue aussi un rôle important. Un abri dépassant 12 mètres de hauteur entre automatiquement dans le champ du permis de construire, quelle que soit sa surface. En pratique, les abris de jardin standards mesurent entre 2 et 3 mètres, mais certains modèles avec toit en pente peuvent atteindre des hauteurs plus importantes. Le PLU peut également imposer une hauteur maximale réduite, par exemple 2,50 mètres en limite séparative. Concernant la taxe d’aménagement, elle s’applique dès que la surface taxable dépasse 5 m², ce qui est le cas avec deux abris de 5 m² additionnés. Son montant varie selon les communes, mais peut représenter plusieurs centaines d’euros.

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Règles locales, PLU et cas particuliers à vérifier avant de poser deux abris

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Même si la réglementation nationale donne un cadre, ce sont surtout le PLU et les spécificités de votre zone qui détermineront ce qui est réellement autorisé. Une commune rurale peut tolérer plusieurs petits abris disséminés dans un grand jardin, tandis qu’une ville dense imposera des règles strictes sur le nombre, l’implantation et l’aspect des constructions. Cette partie vous aide à identifier les points de vigilance selon votre situation.

Deux abris de 5 m² sur un même terrain : quelles limites en zone urbaine ?

En zone urbaine, le PLU encadre fortement les constructions annexes pour éviter le mitage du paysage et préserver l’harmonie architecturale. Certaines communes limitent explicitement le nombre d’abris à un seul par parcelle, ou imposent un coefficient d’emprise au sol maximal pour l’ensemble des annexes. Par exemple, une règle peut stipuler que les constructions annexes ne doivent pas dépasser 10% de la surface du terrain. Sur un terrain de 200 m², cela vous laisse 20 m² maximum, ce qui autorise théoriquement deux abris de 5 m². Mais attention aux distances : en zone urbaine, les abris doivent souvent respecter un recul de 3 mètres minimum par rapport aux limites séparatives, ce qui réduit les possibilités d’implantation.

Comment savoir si votre PLU permet deux abris de jardin séparés ?

Le PLU est consultable gratuitement en mairie ou sur le site internet de votre commune. Recherchez le règlement applicable à votre zone (U pour urbain, AU pour à urbaniser, A pour agricole, N pour naturel). Les articles 6 à 14 du règlement détaillent les règles d’implantation, de hauteur, d’emprise et d’aspect. Certains PLU comportent une section spécifique sur les annexes et dépendances. Si le document est complexe, le service urbanisme peut vous aider à l’interpréter lors d’un rendez-vous. Mieux vaut investir une heure de démarche préventive que risquer un ordre de démolition plusieurs mois après l’installation.

Votre terrain est-il en zone protégée ou soumis à un architecte des Bâtiments de France ?

Dans un périmètre de protection d’un monument historique, en secteur sauvegardé ou en site classé, toute construction visible depuis l’espace public peut nécessiter l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF). Même deux petits abris de 5 m² doivent alors respecter des contraintes esthétiques strictes : matériaux traditionnels, couleurs imposées, interdiction de certains types de toiture. L’ABF peut refuser un projet ou exiger des modifications importantes. Dans ces zones, la déclaration préalable devient presque systématique, même pour des surfaces réduites. Le délai d’instruction s’allonge également, pouvant atteindre deux mois au lieu d’un.

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Questions fréquentes sur deux abris de jardin de 5 m² et les démarches

Les propriétaires cherchent souvent des solutions pour multiplier les petits abris sans déclencher de formalités. Cette logique, compréhensible sur le papier, résiste rarement à l’analyse de la mairie. Voici les questions qui reviennent le plus souvent, avec des réponses claires pour sécuriser votre projet plutôt que de jouer avec les limites réglementaires.

Peut-on éviter la déclaration préalable en séparant deux abris de moins de 5 m² ?

Séparer physiquement les abris améliore vos arguments, mais ne garantit rien. L’agent instructeur évalue la réalité de l’usage : deux abris situés à 50 centimètres l’un de l’autre, servant tous deux à stocker des outils de jardinage, seront très probablement considérés comme un ensemble fonctionnel. Si cette configuration dépasse 5 m² au total, la déclaration s’impose. En revanche, deux abris éloignés de 10 mètres, avec des usages clairement distincts (un pour le matériel de jardinage, l’autre pour les vélos), ont plus de chances d’être traités séparément. En cas de doute, un certificat d’urbanisme opérationnel vous donne une réponse officielle avant d’engager des frais.

Deux abris de jardin de 5 m² déclenchent-ils la taxe d’aménagement ?

La taxe d’aménagement s’applique sur toute surface de plancher close et couverte d’une hauteur supérieure à 1,80 mètre. Si vos deux abris totalisent 10 m², vous serez probablement imposé. Le taux varie selon les communes, oscillant entre 500 et 800 euros par mètre carré en moyenne, auquel s’ajoutent les parts départementale et régionale. Pour 10 m², la facture peut atteindre 300 à 500 euros. Cette taxe est calculée lors du dépôt de la déclaration préalable et arrive généralement 12 mois après l’obtention de l’autorisation. Certaines communes accordent des exonérations pour les constructions de faible surface, renseignez-vous au service urbanisme.

Que risque-t-on si l’on installe plusieurs abris sans respecter les règles locales ?

L’infraction au droit de l’urbanisme est passible d’une amende pouvant atteindre 6 000 euros par mètre carré de surface illégale. En pratique, la mairie commence généralement par un courrier vous demandant de régulariser la situation sous deux mois. Si vous déposez une déclaration préalable à ce moment-là et qu’elle est acceptée, l’affaire est close. Si le projet n’est pas régularisable (non-conformité au PLU), vous devrez démonter un ou les deux abris. Le voisinage joue souvent un rôle déclencheur : une plainte suffit à alerter les services d’urbanisme. Avec l’essor des images satellites, certaines communes détectent désormais automatiquement les nouvelles constructions non déclarées.

Bonnes pratiques pour installer deux abris de jardin en toute sérénité

Une fois les règles comprises, il reste à concevoir un projet cohérent, pratique et respectueux de l’environnement réglementaire. Deux abris de 5 m² bien pensés peuvent améliorer considérablement l’organisation de votre jardin sans générer de conflit ni de problème administratif. Ces derniers conseils transforment la contrainte en opportunité d’aménagement réussi.

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Réfléchir à l’usage réel avant de multiplier les petits abris de jardin

Interrogez-vous sur ce que vous allez réellement ranger. Deux abris de 5 m² offrent 10 m² de surface au sol, mais avec deux portes, deux toitures et deux planchers séparés, la surface utile est inférieure à celle d’un seul abri de 10 m². Si vous stockez uniquement des outils de jardinage, un vélo et quelques produits, un abri de 6 ou 7 m² avec des étagères bien conçues peut suffire. Cette approche simplifie la démarche administrative (une seule déclaration préalable) et réduit l’impact visuel dans le jardin. Réservez la solution des deux abris si vous avez vraiment deux usages distincts et des emplacements logiques séparés.

Optimiser l’implantation pour respecter les limites séparatives et le voisinage

L’implantation influence autant la légalité que la vie quotidienne. Placez vos abris en respectant les reculs imposés par le PLU, généralement 3 mètres des limites séparatives. Évitez de positionner un abri juste devant la fenêtre d’un voisin, même si la règle ne l’interdit pas formellement. Un petit plan dessiné à l’échelle, avec les distances et les ouvertures des maisons voisines, vous aide à anticiper les points de friction. Pensez aussi à l’accès : deux abris nécessitent deux cheminements praticables, surtout si vous devez sortir une tondeuse ou transporter des sacs de terreau.

Privilégier des matériaux et un style cohérents avec votre maison

Deux abris de jardin marquent davantage le paysage qu’une seule construction. Des matériaux et des couleurs en harmonie avec votre habitation facilitent l’acceptation par la mairie et limitent les réclamations de voisinage. Un abri en bois naturel ou peint dans les tons de votre façade s’intègre mieux qu’un modèle en PVC vert pomme. Si votre maison a une toiture en tuiles, privilégiez un abri avec un toit similaire plutôt qu’un revêtement bitumé noir. Ce soin esthétique peut également jouer en votre faveur lors de l’instruction d’une déclaration préalable, notamment en zone protégée où l’aspect extérieur est scruté avec attention.

Installer deux abris de jardin de 5 m² est possible, mais rarement sans formalité dès lors que la surface totale est prise en compte. La clé du succès réside dans la vérification préalable du PLU, une implantation réfléchie et, si nécessaire, le dépôt d’une déclaration préalable en bonne et due forme. Cette approche sécurise votre investissement et vous évite les mauvaises surprises à long terme. Un rendez-vous au service urbanisme reste le meilleur moyen d’obtenir une réponse adaptée à votre situation précise.

Solène d'Aramitz

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