Le transformateur triphasé est au cœur de la distribution et de la conversion d’énergie électrique dans l’industrie comme dans le tertiaire. Vous allez voir comment il fonctionne, quels schémas de couplage choisir (étoile, triangle, couplage mixte), et comment dimensionner correctement la puissance et la protection. Dès les premières sections, vous trouverez des réponses claires pour comprendre, sélectionner et exploiter un transformateur triphasé en toute sécurité.
Comprendre le rôle du transformateur triphasé dans un réseau électrique

Avant de comparer les schémas de couplage ou les modèles disponibles, il est essentiel de saisir à quoi sert un transformateur triphasé dans un réseau. Cette partie pose les bases : principe de fonctionnement, intérêt par rapport au monophasé et usages concrets sur le terrain. Vous aurez rapidement une vision claire de sa place dans la chaîne d’alimentation.
Comment fonctionne concrètement un transformateur triphasé dans un réseau industriel
Le transformateur triphasé s’appuie sur l’induction électromagnétique pour adapter les niveaux de tension en conservant la fréquence. Ses trois colonnes magnétiques et ses enroulements primaires et secondaires traitent simultanément les trois phases d’un réseau. Ce fonctionnement permet de transporter l’énergie à haute tension, puis de la redistribuer localement à une tension plus adaptée et plus sûre.
Chaque colonne du circuit magnétique porte un enroulement primaire qui reçoit l’énergie du réseau amont et un enroulement secondaire qui délivre l’énergie au réseau aval. Le flux magnétique créé dans le noyau se referme à travers les trois colonnes, ce qui garantit un transfert d’énergie efficace et équilibré. Contrairement à trois transformateurs monophasés indépendants, un transformateur triphasé unifié occupe moins de place et présente un meilleur rendement global grâce au partage du circuit magnétique.
Différences clés entre transformateur monophasé et transformateur triphasé
Le transformateur monophasé traite une seule phase et convient surtout aux usages domestiques ou aux petites puissances. Il suffit amplement pour alimenter un éclairage, un chauffage ou quelques prises électriques. En revanche, dès que la puissance installée augmente ou que l’on souhaite alimenter des moteurs asynchrones triphasés, le transformateur monophasé montre ses limites.
Le transformateur triphasé gère les trois phases simultanément, offre un meilleur rendement et une répartition plus régulière des charges. Il est indispensable dès que l’on parle de moteurs puissants, de process industriels et de réseaux de distribution structurés. Sur le plan économique, un transformateur triphasé de puissance donnée pèse environ 30 % de moins que trois transformateurs monophasés équivalents. Cette compacité réduit aussi les coûts d’installation et de maintenance.
Principales applications d’un transformateur triphasé en distribution et en industrie
On retrouve les transformateurs triphasés dans les postes de distribution publics, les usines, les data centers ou encore les grands bâtiments tertiaires. Ils assurent l’adaptation de tension entre le réseau haute ou moyenne tension (15 kV, 20 kV ou 63 kV par exemple) et les circuits basse tension (230/400 V) des installations.
Certains modèles spéciaux servent aussi à alimenter des variateurs de vitesse, des fours industriels ou des lignes de production automatisées. Dans les centres commerciaux, les hôpitaux ou les immeubles de bureaux, le transformateur triphasé permet de répartir les charges sur les trois phases et de limiter les chutes de tension. En milieu industriel, il sécurise le fonctionnement de compresseurs, de pompes ou de convoyeurs qui exigent une alimentation triphasée stable.
Schémas de couplage d’un transformateur triphasé et impacts sur le réseau

Le choix du schéma de couplage d’un transformateur triphasé (étoile, triangle, étoile-triangle) influe directement sur la tension disponible, la présence du neutre et la gestion des déséquilibres. Dans cette partie, vous voyez comment lire un couplage, l’interpréter et choisir la bonne configuration. C’est un passage clé pour éviter les erreurs de raccordement coûteuses.
Pourquoi choisir un couplage étoile ou triangle sur un transformateur triphasé
Le couplage étoile permet de disposer d’un neutre et d’obtenir une tension simple phase-neutre adaptée aux usages courants. En pratique, si le secondaire est couplé en étoile avec un neutre sorti, vous obtenez du 230 V entre phase et neutre et du 400 V entre phases. Ce schéma convient parfaitement aux installations mixtes qui alimentent à la fois des charges triphasées (moteurs) et des charges monophasées (éclairage, bureautique).
Le couplage triangle, lui, ne fournit pas de neutre mais convient bien aux charges triphasées pures et à certains démarrages moteur. Il offre une meilleure tolérance aux déséquilibres de charge et piège les courants harmoniques de rang 3, ce qui protège le réseau amont. On le rencontre souvent au primaire des transformateurs raccordés à des réseaux moyenne tension ou au secondaire lorsque seules des charges triphasées équilibrées doivent être alimentées.
Comment lire un marquage de couplage type Dyn11 sur la plaque signalétique
Un marquage comme Dyn11 indique un primaire couplé en triangle (D), un secondaire en étoile avec neutre accessible (y minuscule avec n), et un déphasage spécifique représenté par le chiffre 11. Les lettres D, Y et N renseignent sur la topologie, tandis que les chiffres précisent le décalage de phase en notation horaire.
La notation horaire fonctionne comme une horloge : chaque heure représente 30° de déphasage. Ainsi, Dyn11 signifie un déphasage de 330° (11 × 30°), soit -30° ou encore +330°. Savoir interpréter cette étiquette vous évite des erreurs de mise en parallèle ou de raccordement entre transformateurs. Deux transformateurs ne peuvent fonctionner en parallèle que s’ils ont le même indice horaire, faute de quoi un courant de circulation important peut endommager les enroulements.
Quels effets le couplage triphasé a-t-il sur tensions, courants et neutre
Le couplage choisi conditionne la relation entre tension composée et tension simple, ainsi que la circulation des courants de déséquilibre. Un couplage étoile avec neutre permet de mieux gérer les charges monophasées dissymétriques, tandis qu’un triangle peut piéger certains courants harmoniques. Ces effets doivent être intégrés dès l’étude pour assurer stabilité et qualité de l’alimentation.
| Type de couplage | Présence du neutre | Rapport tension composée / simple | Avantages principaux |
|---|---|---|---|
| Étoile (Y) | Oui (si sorti) | √3 | Alimentation mixte mono et triphasé, meilleure gestion des déséquilibres |
| Triangle (D) | Non | Non applicable | Filtrage des harmoniques de rang 3, robustesse face aux déséquilibres |
Dimensionner et sélectionner un transformateur triphasé adapté à votre installation
Le bon transformateur triphasé est celui qui couvre votre besoin de puissance tout en restant sûr, conforme et durable. Cette section vous guide sur les critères essentiels : puissance apparente, tension, refroidissement, rendement, normes et environnement d’installation. Vous pourrez ainsi dialoguer efficacement avec un fabricant ou un installateur.
Comment calculer la puissance nécessaire d’un transformateur triphasé simplement
Pour dimensionner la puissance, on part des charges à alimenter et du facteur de puissance global. En pratique, la formule de la puissance apparente triphasée (S = √3 × U × I) permet d’obtenir une valeur de base en kVA. Par exemple, une installation tirant 100 A sous 400 V représente environ 69 kVA de puissance apparente.
On ajoute ensuite une marge pour les pointes de charge, les extensions prévisibles et d’éventuels démarrages moteurs lourds. Cette marge varie généralement entre 20 et 30 %, selon le profil d’utilisation. Un bureau tertiaire tolère une marge plus faible qu’une usine avec des équipements de soudage ou des ponts roulants qui génèrent des appels de courant brutaux. En cas de doute, préférez un transformateur légèrement surdimensionné plutôt qu’un modèle trop juste qui risque de surchauffer.
Critères incontournables pour choisir un transformateur triphasé basse tension ou moyenne tension
Le choix entre transformateur basse tension et moyenne tension dépend du niveau de raccordement au réseau et des distances d’acheminement. Un transformateur de distribution classique (20 kV / 400 V) reçoit l’énergie en moyenne tension depuis le réseau public et la délivre en basse tension aux installations. Si votre site dispose déjà d’un poste source HTA, vous pouvez raccorder directement votre transformateur à ce niveau.
Il faut aussi examiner la tension primaire, la tension secondaire, la classe d’isolement, le type de refroidissement (air naturel AN, air forcé AF, huile naturelle ONAN) et le niveau de bruit admissible. Dans certains environnements sensibles (hôpitaux, bureaux ouverts), les pertes à vide et les pertes en charge deviennent des critères économiques majeurs. Un transformateur à haut rendement coûte plus cher à l’achat mais réduit sensiblement la facture énergétique sur quinze ou vingt ans.
Transformateur sec ou immergé dans l’huile : quel type privilégier et pourquoi
Les transformateurs secs sont appréciés en locaux intérieurs, parkings ou bâtiments recevant du public, car ils limitent les risques liés aux liquides. Leur isolation est assurée par de la résine époxy ou par l’air ambiant, ce qui supprime tout risque de fuite ou d’incendie lié à l’huile. Ils nécessitent une ventilation correcte et tolèrent moins bien les surcharges prolongées, mais leur maintenance se résume souvent à un simple dépoussiérage.
Les transformateurs immergés dans l’huile offrent souvent de meilleures performances thermiques et une grande longévité en extérieur ou en poste d’ensilage. L’huile assure à la fois l’isolation électrique et le refroidissement des enroulements. Ils supportent mieux les surcharges temporaires et présentent généralement un niveau sonore plus faible. Le contexte réglementaire, les contraintes d’exploitation et la maintenance disponible orientent généralement la décision finale. En zone urbaine ou dans un bâtiment classé, le transformateur sec s’impose souvent par défaut.
Sécurité, normes et bonnes pratiques pour exploiter un transformateur triphasé
Au-delà de la théorie, un transformateur triphasé se gère au quotidien avec des règles de sécurité strictes et un entretien régulier. Cette partie aborde les protections indispensables, les principaux risques et les repères normatifs pour rester conforme. Quelques bonnes pratiques concrètes vous aideront à prolonger la durée de vie de votre équipement.
Quelles protections installer en amont et aval d’un transformateur triphasé
Les transformateurs doivent être protégés contre les surintensités, les courts-circuits et parfois les surcharges prolongées. On utilise généralement des disjoncteurs ou des fusibles adaptés à la puissance et au courant nominal, complétés par des relais spécifiques pour les modèles de forte puissance. Un bon réglage de ces protections limite les déclenchements intempestifs tout en préservant le matériel.
Côté primaire, des fusibles HTA (type aM ou gG selon la tension) assurent la coupure en cas de défaut interne violent. Côté secondaire, un disjoncteur général basse tension protège les départs et permet une coupure sélective. Pour les transformateurs de plus de 250 kVA, une protection thermique (sonde ou relais Buchholz sur les modèles à huile) surveille la température des enroulements et déclenche un signal d’alarme avant que la situation ne devienne critique.
Principaux risques liés aux transformateurs triphasés et moyens de prévention concrets
Les risques touchent autant les personnes (contacts indirects, arcs, brûlures) que les installations (surchauffe, incendie, fuite d’huile). Une ventilation correcte, un contrôle périodique des serrages, une surveillance thermique et une mise à la terre conforme sont essentiels. Dans les postes les plus sensibles, une surveillance en continu peut prévenir les défauts avant qu’ils ne deviennent critiques.
Le risque de contact indirect impose un raccordement rigoureux de la cuve ou du châssis à la terre, avec une résistance de prise de terre inférieure aux seuils réglementaires. Les transformateurs immergés nécessitent une cuvette de rétention pour contenir l’huile en cas de fuite. En présence de public ou de personnel non habilité, un local fermé à clé ou des barrières de protection empêchent tout accès non autorisé.
Entretien courant et contrôles simples pour assurer la longévité du transformateur
Un simple contrôle visuel régulier permet déjà de détecter des échauffements, des traces d’arc ou des fuites éventuelles. La mesure périodique de la résistance d’isolement, des températures et parfois de la qualité de l’huile aide à anticiper les interventions lourdes. Sur les transformateurs immergés, une analyse chromatographique de l’huile révèle la présence de gaz dissous caractéristiques de défauts naissants (points chauds, décharges partielles).
Consigner ces vérifications dans un registre facilite le suivi et le dialogue avec les services de maintenance ou les organismes de contrôle. Une inspection thermographique annuelle repère les points chauds sur les connexions ou les bornes. Le nettoyage des grilles de ventilation, le resserrage des bornes et le contrôle du niveau d’huile complètent ce plan de maintenance de base. En respectant ces gestes simples, un transformateur triphasé bien dimensionné peut fonctionner trente ans ou plus sans défaillance majeure.
En maîtrisant les principes de fonctionnement, les schémas de couplage et les critères de sélection, vous êtes désormais en mesure de choisir, installer et exploiter un transformateur triphasé adapté à vos besoins. Les bonnes pratiques de sécurité et d’entretien vous permettront de garantir une alimentation stable et fiable sur le long terme, tout en préservant la sécurité des personnes et la pérennité de vos installations électriques.
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